Edgar Morin :Penseur de la complexité, humaniste au fil et au-delà d’une vie centenaire

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Par Emmanuel Banywesize Mukambilwa
Professeur ordinaire d’Épistémologie
Faculté des Lettres et Sciences humaines
Université de Lubumbashi (RD Congo)

En cette année 2021 qui marque le centième anniversaire d’Edgar Morin, il importe de revisiter son œuvre1 pour en indiquer l’actualité ainsi que la portée épistémologique et éthique. Il s’agit certes, et dans le cas d’espèce, de contribuer à la célébration mondiale d’un penseur majeur, d’un humaniste qui a traversé le XXe siècle et dont la pensée complexe se construit à partir des expériences vécues, des avancées et des crises des sciences, de la philosophie, des sociétés et de l’humanité. Mais le présent texte vise surtout à montrer que Morin, en son œuvre plurielle qui influence et irrigue des recherches scientifiques et philosophiques dans le monde, promeut un universel de la rencontre dont l’horizon est l’humanisme unidiversal, c’est-à-dire un humanisme qui reconnaît et promeut l’humain en son unité et en sa diversité (pluralité). Car, pour paraphraser Edgar Morin, l’unité constitue le trésor de la diversité humaine, autant que la diversité est le trésor de l’unité humaine
. La matrice de cet universel est, à coup sûr, l’épistémologie de la complexité. C’est une
épistémologie non-cartésienne. Le pari de cette épistémologie non-cartésienne
consiste à relier les savoirs, relever la complexité de la connaissance et de la science
et, au demeurant, complexifier la Raison longtemps enfermée dans les binarismes
réducteurs et exclusifs institués par les principes épistémo-logiques et
méthodologiques du paradigme de simplicité.

On sait que chaque culture reproduit son paradigme dans ses activités cognitives et sociopolitiques. La modernité occidentale a favorisé le paradigme de simplicité qui,
au fil du temps, a participé à installer et à légitimer des postures disjonctives et
réductrices au cœur des pratiques épistémiques et du social. Ce paradigme a généré
des connaissances parcellaires, réductrices, voire discriminatoires, dont les
conséquences néfastes sont repérables dans le rapport de l’homme au monde et des
humains entre eux.

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Photo: Emmanuel Banywesize Mukambilwa – Archives personnelles

4 Responses

  1. AL Kitenge

    Excellent texte.
    Au delà du penseur, il convient de prendre le leadership de la pensée locale qui analyse et conceptualise nos réalités quotidiennes pour nous projeter dans la décennie, le cinquantenaire à venir. Le pays et le continent sont en perte de repères.
    Courage, prof.

  2. Mpaga christ olivier

    Bonjour, cher collègue. Très beau texte de célébration de la philosophie d’Edgard Morin qui mérite d’être davantage connue, tant elle ouvre à la fois à la légitimation des horizons pluriels de compréhension de l’homme et à une décolonisation épistemique dont commence seulement à sortir l’Afrique.

  3. Jean-Paul Biruru

    Bien cher Emmanuel,
    Une fois encore bravo. Tu demeures éveillé et connecté au tronc qui a laissé germer ton profil scientifique dont la consistance est reconnue de tous. Le condensé que tu offres ici me met à l’aise et conforte l’opinion que je ne cesse de promouvoir dans ma filière. Dans un contexte miné par les raccourcis de pensée, la recherche de la facilité et le diplôme à tous prix sans référent cognitif probant, éclaire pourquoi on se passe le mot pour nous éviter. Félicitations encore.
    Jean Paul.B.

    • Emmanuel

      Cher Doyen Jean-Paul Biruru,
      Merci pour ces mots qui nous encouragent à persévérer dans la voie de la recherche scientifique et de la pensée complexe

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